Introduction à l’Homéopathie

«C’est une erreur de croire nécessairement faux ce qu’on ne comprend pas.» Mahatma Gandhi

Histoire de l’homéopathie

C’est en 1790 que Samuel Hahnemann, médecin allemand, découvre les principes de l’homéopathie. En traduisant le Traité de matière médicale de William Cullen, il s’interroge sur les effets du quinquina décris dans l’ouvrage. Il décide alors d’absorber à haute dose cette substance et remarque qu’elle lui déclenche la fièvre. Or, le quinquina est utilisé précisément pour soigner la fièvre. A partir de ce constat, il poursuit ses recherches pendant de nombreuses années.

II étudia donc d’autres substances : la Belladone, à laquelle il vit produire une éruption semblable à celle de la scarlatine, et dont la puissance curative dans cette maladie est reconnue de tous les médecins; la Pulsatille, qui produisait des taches semblables à celles de la rougeole avec tous les autres symptômes essentiels de cette fièvre éruptive dont elle est le spécifique; le soufre, que tout le monde préconise comme le médicament par excellence dans le traitement de la gale et qui produit une éruption semblable à celle que cause la présence de l’Acarus.  Avant d’énoncer le principe de similitude: il faut administrer au malade une substance qui, si il était sain, lui déclencherait les symptômes dont il souffre.

Qu’est ce que le principe de similitude

L’homéopathie est basée sur le principe de similitude qui pourrait se définir par une seule phrase: «le poison est mortel pour l’homme sauf, si dans l’organisme, il en trouve un avec qui il peut lutter, dans ce cas, l’homme revient à la santé» Paracelse.

Pour combattre une maladie, une substance doit être capable de reproduire dans un organisme en bonne santé des effets similaires à ceux provoqués par cette même pathologie. Pour se faire, l’homéopathie utilise des dilutions de teinture mère contenant une substance active connue pour sa toxine produisant des symptômes ressemblant aux symptômes caractéristiques de la maladie répertoriée.

Autrement dit, Ce qui provoque chez une personne saine certains symptômes (par ex. rougeur et chaleur) peut guérir un malade souffrant de troubles semblables. »Similia similibus curantur », les semblables sont guéris par les semblables !

Par exemple, pour une piqûre d’abeille on utilisera le remède Apis Mellifica confectionné à partir d’abeille.

Comment sont fabriqués les remèdes homéopathiques ?

Les médicaments homéopathiques reposent sur trois matières premières : végétale, minérale, animale.

Les souches d’origine végétales sont issus de plantation respectant une charte bien stricte. Les plantes doivent être récoltées par des spécialistes dans leur habitat naturel, loin de toute source de pollution, en respectant l’environnement ainsi que les pratique agricole de proximité. Après la récolte, les plantes sont amenées le plus vite possible dans le laboratoire afin d’être utilisé à l’état frais.

Les souches d’origine minérales sont insolubles, pour fabriquer le remède elles sont alors broyées dans du lactose. Ces remèdes homéopathiques sont souvent disponibles sous forme de « trituration ».

Les souches d’origine animales sont extraites d’animaux, dont on utilise par exemple des venins de serpents, des insectes entiers vivants tel que les abeilles (apis melifica) ou les fourmis rouges (formica rufa), des hormones ainsi que des sécrétions physiologique.

Autre article intéressant : Les conseils en homéopathie

Quelles sont les différentes galéniques homéopathiques ?

La teinture mère : est une solution liquide concentrée obtenue par macération des substances de bases dans de l’alcool. Ce procédé s’effectue en laboratoire dans des récipients en verre ou en acier inoxydable  pendant au moins 3 semaines. Après la macération la teinture mère est filtrée puis concentrée jusqu’à ce que son poids soit égal à dix fois celui de la plante déshydratée ou vingt fois celui des animaux

Les granules : sont des sphères de saccharose et de lactose imprégnées de produit homéopathique, elles sont destinées aux médicaments en toute dilution. Les granules sont prescris dans la majorité des cas car ils sont destinés à être pris de façon répétée sur de longues périodes au moins une fois par jour. Sans alcool, et aussi plus pratique à prendre que sous forme liquide, les granules sont adaptées à tout âge.

Les globules : sont bien plus petites que les granules. Cette présentation assure un maximum « d’effet de surface » entre la muqueuse sublinguale et le médicament. Cette forme pharmaceutique est prescrite le plus souvent pour des traitements de fond en moyennes et hautes dilutions, avec des prises espacées ou bien des prises quotidiennes pendant un nombre de jour limité.

Les gouttes : sont réservées aux dilutions basses, c’est à dire en décimales hanhnemaniennes (DH). Sous forme d’un excipient alcoolisé à 30° en flacon de 15 ou 30 ml  , elles sont prescrites à raison de 15 à 20 gouttes deux ou trois fois par jour, nature ou diluées dans de l’eau minérale très pure.

Il existe d’autres formes pharmaceutiques comme des comprimés, des liniments, des ovules, des suppositoires ou encore des pommades.

Qu’est ce que la dilution et la dynamisation en homéopathie ?

La dilution est le premier temps de la préparation d’un médicament homéopathique. On prend un produit de base et on dilue à 1/100 et ainsi de suite jusqu’à trente fois. Entre chaque dilution, on procède au second temps de la préparation, la dynamisation.

La dynamisation correspond à des secousses mécaniques faites entre chaque dilution qui va provoquer une agitation moléculaire.

La dilution est essentielle dans le procédé de préparation des remèdes homéopathiques, l’agitation des molécules donnera « l’énergie » de la solution diluée. Chaque remède homéopathique est hautement dilué et dynamisé notamment pour contrer l’effet de similitude.

Il existe plusieurs formes de dilutions

  • La dilution CH correspond au Centésimal Hahnemann (c ‘est la plus utilisée dans le processus de fabrication) c’est à dire que l’on a pris une teinture mère que l’on dilue: 99% de solvant 1% de principe actif puis on agite le tout cent fois, et l’on répète ceci jusqu’à la dilution désirée, ainsi avec 7 CH on aura dilué 100 fois x 100 fois x …. jusqu’à 7. On estime que scientifiquement qu’après 12 CH on a théoriquement plus aucune chance d’observer ne serait-ce qu’une seule molécule (scientifiquement on parle qu’on a dépassé le nombre d’Avogadro = 6.023 x 10 puissance 23) dans le remède homéopathique, d’où la polémique dans le milieu scientifique.
  • La dilution Décimale (DH) : Elle consiste à mélanger comme pour la dilution Centésimale à mélanger la teinture mère avec le solvant, mais en proportion différentes. Il ne s’agit pas de mélanger 1 volume de teinture mère dans 99 volumes de solvant mais dans 9 volume de solvant. Il s’agit alors d’une dilution au dixième contrairement à la dilution Centésimale qui est une dilution au centième.
  • La dilution Korskavienne : La dilution K = korsakovienne, a été mise au point par Siméon Nicolaevitch Korsakoff. Pour effectuer une dilution Korsakovienne, on utilise un seul et unique flacon pour toute la procédure de fabrication. Cette dilution repose sur le principe que si l’on vide un récipient, environ 1% du contenu reste sur la paroi, et que si l’on remplit à nouveau et que l’on secoue le récipient à, l’on obtient une dilution 1K. Pour obtenir une dilution 2K, il suffit de renouveler ces étapes. Aucune mesure précise ne peut être associé à cette dilution, et l’on est donc dans l’incapacité de connaître les concentrations intermédiaires et finales lors de ce processus. Les dilutions Korskaviennes sont un peu plus globales que les dilutions Hahnemaniennes.
  • Correspondance dilution entre les deux dilutions
  • Dilution Korskavienne

Dilution Hahnemannienne

6K

4CH

30K

5CH

200K

7CH

1000K

9CH

10 000K

15CH

50 000K

Pas de correspondance au delà de 30CH

10 000K

Les dilutions de Kent : Les dilutions Kent utilisent le mode de dilution de Korsakov (on utilise toujours le même flacon de dilution), mais la grande différence se situe sur le fait qu’au lieu de partir en base d’une teinture-mère, les dilutions KENT vont prendre comme point de départ, une dilution en 30 CH…. ce qui veut donc dire que ces doses sont très très très diluées….

Comment choisir son traitement homéopathique ?

Beaucoup de personnes affirment que l’homéopathie ne fonctionne pas sur elles, bien souvent c’est parce que le remède choisi n’est pas le bon! L’homéopathie agit rapidement, si en 48h il n’y a aucune amélioration c’est certainement car vous n’avez pas le traitement approprié. Il existe autant de remèdes homéopathiques que de pathologies! Sur le papier, plusieurs remèdes pourront sembler correspondre à la maladie. Or,  l’homéopathie est une médecine holistique de précision, il ne suffit pas de prendre le symptôme seul et de choisir le médicament en fonction. Il faut observer l’état en général pour établir un profil précis afin de choisir le remède homéopathique adéquat :

  • Comment est apparue la pathologie ? (progressivement, brutalement…)
  • Depuis quand ?
  • Quelle est l’origine du mal ?
  • Quel type de douleur ? (brûlure, tiraillement, douleur aiguë, pression…)
  • Y a t-il d’autres troubles accompagnants les maux? (trouble digestif, de l’humeur, du sommeil…)
  • La localisation du mal ?
  • Ce qui peut déclencher le mal ? (chaud, froid, événement extérieur…)
  • Ce qui peut le soulager ?
  • A quel moment de la journée ?
  • Quelle sensation ressentie ?

Quelle dilution choisir ?

Basse dilution (4CH ou 5CH): dans le cas de maladies aiguës, si les symptômes observés sont peu nombreux ou uniquement fonctionnels (un organe malade). Les basses dilution sont aussi recommandées pour traiter un organe en particulier en cas de maladie chronique, c’est un remède de drainage. Cependant, elles ne peuvent être répétées trop fréquemment, en cas de maladie chronique, il est conseillé de passer vers une moyenne dilution dès qu’il y a une amélioration des troubles. Cette forme de dilution est à prendre toutes les heures jusqu’à disparition des symptômes.

Moyenne dilution (7CH ou 9CH): agit plus profondément en provoquant une crise d’élimination (les troubles peuvent augmenter durant quelques heures), son action est plus durable, sur plusieurs jours. Il est possible de renouveler le traitement tous les 12 à 15 jours si les troubles n’ont pas disparus. Cette forme de dilution est à prendre en général trois fois par jours.

Haute dilution (12CH jusqu’à 30CH) : à partir de la 12ème dilution, il n’a plus de molécule de la substance de départ, dès lors, c’est l’information énergétique transmise lors de la dilution et dynamisation qui agit. Plus le remède est dilué plus il agira en profondeur de l’organisme, sur le psychisme. Cette dilution est adaptée aux maladies anciennes chroniques et au troubles psychiques.

Pour mieux comprendre…

Arnica Montana sera employé en 4 ou 5CH pour un coup ou une bosse (symptôme local).En cas de courbatures à la suite d’un événement (chute, maladie…), les moyennes dilution (7 ou 9CH) seront appropriées. En cas de troubles anxieux ou d’insomnie à la suite d’un événement ancien (deuil, accident, choc…), Arnica Montana sera administré en 30CH.

Quels sont les remèdes homéopathiques à avoir dans sa trousse à pharmacie ?

L’homéopathie peut se révéler d’une grande aide dans la vie de tous les jours, pour soigner les bobos des plus petits, soulager certains maux de la vie courante ou encore soigner des maladies de saison, il est toujours bon d’avoir à porter de main quelques remèdes homéopathiques.

Voici une liste non exhaustive

  • Antimonium Tartaricum : lorsque le poumon n’arrive pas à éliminer ce qui l’encombre. Idéal pour les encombrements bronchiques avec beaucoup de mucus, sensation d’asphyxie, sifflement lors de la respiration, sueurs froides, nausées (bronchite, asthme, pneumonie…)
  • Apis Mellifica : enflure rosée de la peau et des muqueuses avec douleurs piquantes, aggravées au toucher, améliorées par le froid, absence de soif malgrés la fièvre. Idéal pour les piqûres d’insectes, urticaire, œdème de Quincke, engelure, rhume des foins, angine…
  • Arnica Montana : traumatisme divers et efforts musculaire. Muscle douloureux, fatigue musculaire, ecchymose, sensible au toucher, choc émotionnel. Idéal en prévention post opératoire, pour la préparation sportive, pour rétablir l’équilibre émotionnel suite à un choc plus ou moins ancien.
  • Belladonna : maladies aiguës infectieuse avec grosse fièvre. Fièvre brutale élevée avec soif intense, figure rouge et chaude, lèvres rouges, pupilles dilatées, douleurs battantes. Idéal pour angine, otite, conjonctivite, migraines, névralgie, convulsions fébriles…
  • Carbo vegetalis : ballonnement de l’estomac avec douleurs constrictives, intolérance aux graisses, désir d’air frais, congestion veineuse.  Idéal pour la digestion, aérophagie, troubles circulatoire, migraine, début de coqueluche.
  • China Rubra : ballonnement de tout le ventre, diarrhée sans douleur mais avec épuisement après les selles, hémorragie de sang foncé, bourdonnement d’oreille, épuisement considérable, retour périodique des symptômes. Idéal pour la digestio, ; diarhée, collique hépatique, anémie, fatigue, fièvre diverse, anémie…
  • Eupatorium Perfoliatum : Fièvre avec la sensation d’avoir les os brisés, vomissement bilieux pendant la fièvre, douleur dans les globes oculaires. Idéal pour la grippe, fièvre bilieuse
  • Gelsenium Sempervirens : émotivité, lenteur générale, anxiété d’anticipation, tremblements des extrémités, maux de tête avec sensation de paupières lourdes. Idéal pour le stress, l’émotivité, migraine, fièvre.
  • Ignata Amara : sensation de boule dans la gorge, oppression respiratoire avec besoin de soupirer, humeur changeante, irritabilité, contradiction. Idéal pour les migraines nerveuses, spasmes après une contrariété.
  • Influenzinum : En prévention de la grippe. Idéal pour l’état grippal, contrer les effets secondaires après une vaccination anti grippale.
  • Magnesia Phosphorica : douleurs fulgurante à types de crampes, spasmes, amélrioration quand on est plié en deux, par la chaleur, et la pression forte. Névralgie, crampe, coliques de toutes sortes, douleurs des règles, sciatique.
  • Nux Vomica : spasmes digestifs, douleur à l’estomac après le repas, somnolence après le repas. Idéal pour les indigestions, dyspepsie spasmodique,gastrite, constipation, migraine digestive…

En complémentation, il peut être intéressant de se procurer des complexes formulé en fonction de pathologie. Les laboratoire Lehning ont une gamme complète pour traiter

  • Les pathologies hivernales (grippe,…)
  • Les troubles de la digestion (mal de transport, constipation…)
  • Les troubles nerveux (sommeil, nervosité,  stress…)
  • Les troubles ORL (rhume, affection bronchique, toux…)
  • Les troubles féminins (ménopause, douleurs des règles, cystite…)
  • Les troubles circulatoires ( troubles veineux)
  • Les problèmes dermatologiques (acné, cicatrise…)
  • Les douleurs (rhumatisme, courbature, traumatisme…)

Il y a également une gamme complète spécialement conçue pour les enfants sous forme de sucrerie pour facilité la prise des compléments.

http://homeopathie-az.com

www.xn--homopathie-d7a.com

Rédaction du guide familial de l’homéopathie, Dr Alain Horvilleur

Précis de matière médicale homéopathique, Dr Léon Vannier et Jean Poirier

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